Montréal, le 29 mars 2018 - Au mois de juillet 2018, vous étiez des milliers à visiter les immenses et magnifiques voiliers à Québec dans le cadre du RDV2017. Mais outre la splendeur de ces bateaux, c’est aussi plusieurs membres d’équipages qui participaient à cette traversée. Catheryne Langford, Québécoise de souche, fait partie de ces matelots qui ont tout lâché pour vivre l'expérience.

 

Âgée de seulement 24 ans, Catheryne nous raconte avec enthousiasme son aventure à bord du Blue Clipper, un trois-mâts de 43m. Partie dCatheryne.jpge Londres en avril dernier, la jeune navigatrice en herbe aura parcouru près de 10 000 miles nautiques, effectué deux transatlantiques, et traversé 6 pays, avant d’arriver à destination au Havre, en France, cinq mois plus tard.

 

Originaire des Îles de la Madeleine, Catheryne peut être fière de son parcours, elle qui n’avait jamais navigué auparavant. « Avant cette aventure je n’avais jamais embarqué sur un voilier, c’était ma première fois ! Mais j’ai toujours su que c’était fait pour moi, sans même savoir ce que cela impliquait réellement. »

 

À l’automne 2016, alors qu’elle débutait une maîtrise en gestion du développement international et de l’action humanitaire à l’Université de Laval, Catheryne entend parler du RDV 2017 et là, c’est le déclic ! « J’ai tout de suite su qu’il fallait que j’y participe, l’appel se faisait de plus en plus fort et je devais tout faire en mon pouvoir pour y participer. »

Catheryne pensive à la barre © Allan Bernard

Malgré sa faible expérience en navigation et les 15 000 $ qu’il fallait débourser pour participer à la course, Catheryne ne s’est pas démoralisée, bien au contraire ! Elle met en place une levée de fonds et tente par tous les moyens de convaincre le plus d’organisations possible, et ça marche ! Grâce à sa détermination et son ambition, elle est au départ, le 16 avril 2017, d’une course mythique qui changera sa vie.

 

Durant son expédition, Catheryne aura voyagé sur deux voiliers. Le premier fut le Blue Clipper, construit en 1991 et provenant du Royaume-Uni. Elle passa 3 mois et demi à bord en tant qu’apprentie matelot et découvrit ses tâches. « Je devais participer aux tâches quotidiennes, telles que hisser et descendre les voiles, nettoyer le pont, faire des réparations de l’équipement […] j’avais tout à apprendre et on me formait petit à petit pour devenir matelot. » Seule Québécoise et Canadienne à bord, elle se trouvait principalement avec des équipiers anglophones. « Mon anglais était loin d’être parfait et l’adaptation à la langue fut une de mes premières difficultés. »

 

Équipiers et matelots se côtoient, se relaient au travail et des liens se créent avec les beaux souvenirs. Le travail fait partie du quotidien, mais la splendeur des paysages est aussi bien présente. « Une nuit, en direction des Îles des Canaries, un ciel étoilé comme jamais avec une température agréable, nous sommes cinq sur le pont et je suis à la barre. Un sentiment de liberté…C’était magique… »

 

Catheryne prend ses marques au fil du voyage et sans s’en rendre compte, Boston est à porter de vue. Port d’attache où la jeune femme devra changer de voiliers pour continuer l’aventure jusqu’à Québec à bord d’Atyla. « Ce fut un des moments les plus difficiles de changer de bateau. Lorsque tu passes trois mois et demi avec les mêmes personnes, tu finis par créer des liens, c’est plus que des simples matelots, ce sont ma famille, mes amis, c’est chez moi. »

 

Blue_Clipper.jpg

 

Après quelques jours d’adaptation, la vie sur l’Atyla fut aussi belle que celle sur le Blue Clipper. Et puis il y eut l’arrivée aux îles de la Madeleine, ses îles, sa Terre natale. « Je retrouvais mes amis, ma famille et toute la communauté de l’île, toutes ces personnes qui m’ont permis de réaliser mon rêve. Je me sentais vraiment comme une star avec l’affût des médias qui voulait en savoir plus sur mon histoire »

 

 À peine le pied à terre, Catheryne profita de ses proches et voulu repartir en mer. Sa deuxième transatlantique débuta au départ d’Halifax. Elle retrouva son voilier Blue Clipper, mais cette fois en tant que membre de l’équipage. Son nouveau rôle était d’être la cuisinière pour 24 personnes, avec de belles anecdotes. « Nous avons eu plusieurs fois des vents forts, et en cuisine c’était complètement fou. Des saucisses et des chorizos qui s’envolent et finissent sur le plancher…Au moins on a beaucoup ri ! »

 

Le Blue Clipper, le fameux voilier de Catheryne
© Allan Bernard

 

La course des Grands Voiliers Sail Training International s'est terminée au Havre, en France et le voilier Blue Clipper fut dans les premiers bateaux à arriver !

Pour Catheryne ce fut une expérience exceptionnelle qui a changé sa vie. «Je pense que je n’ai jamais été aussi heureuse, je n’arrive même plus à quitter le bateau.»

Son énergie, sa détermination, son ambition lui auront permis de réaliser son rêve.

Vous pouvez suivre en détail le parcours de Catheryne sur le groupe Facebook Cap sur l'Arctique.

 


 

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